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Cinquantième anniversaire de l’indépendance du Gabon

5O ans après l’indépendance :
L’évolution politique, économique et sociale du Gabon

Le 17 août 2010, la République gabonaise indépendante célèbre son cinquantenaire.

50 ans après une indépendance acceptée sans passion particulière, le Gabon, tout en conservant ses principaux traits structurants, n’en n’a pas moins connu une réelle évolution (tant sur le plan politique que sur le plan économique et social) dont cette contribution s’efforcera de retracer les grandes lignes.

1. Sur le plan politique

C’est le 16 août 1960, à 23 heures 55, que Léon MBA (Premier ministre) lit la proclamation d’indépendance, en présence du représentant officiel de la France, le ministre André Malraux.

Les premiers mois de l’État indépendant sont marqués par un débat institutionnel (entre partisans d’un régime de type présidentiel et partisans d’un régime parlementaire) dont l’intensité servira de signe précurseur aux crises futures. À la suite de quoi, une Constitution (triomphe des « parlementaristes ») est adoptée le 4 novembre 1960, donnant le jour à la plus qu’éphémère IIè République.

Deux jours après sa promulgation (14 novembre) intervient la première crise politique. Il en résulte des élections générales en février 1961. De ces élections sort une Assemblée qui votera la Constitution de la IIIè République (de type présidentiel). C’est cette Constitution qui, de toute évidence et de révisions en révisions, régira le pays jusqu’aux bouleversements des années 1990.

Le 20 février 1963, Léon Mba procède à un remaniement du gouvernement qui se traduit par la sortie des ministres de l’UDSG, marquant de fait la fin de l’ « Union Nationale » de 1961.

Face au président de la République, l’Assemblée se transforme à nouveau en lieu de résistance au point que, quelques mois plus tard, les députés refusent d’examiner le budget de la nation.

Le malaise gagne peu à peu la société face à la gouvernance paternaliste et brutale de Léon Mba.

Le 21 janvier 1964, Léon Mba dissout l’Assemblée nationale et annonce la tenue d’élections pour le 23 février.

Dans la nuit du 17 au 18 février 1964, un groupe de jeunes officiers gabonais se saisit de Léon Mba et le contraint à lire son acte de démission. C’est le coup d’Etat de 1964, par lequel les militaires offrent le pouvoir à Jean-Hilaire Aubame - qui ne le gardera que deux jours, le temps pour Léon Mba (expédié en province) de revenir à Libreville grâce à l’intervention des parachutistes français, le 20 février.

Par la suite, la santé de Léon Mba se dégradant, la Constitution est révisée le 17 février 1967 avec la création d’un poste de vice-président successeur automatique du président de la République en cas d’empêchement définitif.

En mars 1967, Léon Mba se présente à l’élection présidentielle avec Albert BONGO comme co-listier. Et, lorsque, le 28 novembre 1967, Léon MBA décède, la succession s’effectue conformément à la Constitution. Le nouveau chef de l’État, Albert Bongo prêtera serment le 2 décembre 1967.

De cette date part une nouvelle page de l’histoire politique gabonaise : la IIIè République « rénovée » marquée par la création et la montée en puissance progressive du Parti Démocratique Gabonais (PDG) sur les cendres du BDG.

C’est le PDG, parti unique, qui dirigera sans concurrence le pays jusqu’en 1990.

Le 26 mars 1991, une nouvelle Constitution voit le jour. Elle est le résultat de facteurs autant endogènes qu’exogènes dont le déclencheur est la crise de l’université de janvier 1990 avant que l’agitation ne se répande dans l’ensemble du corps social et ne conduise à la Conférence nationale (27 mars 1990) et aux élections de septembre 1990 qui donne une courte majorité au PDG (63 élus) contre 57 à une opposition désunie.
Expérimentant à nouveau cahin-caha les délices de la démocratie multipartite, le Gabon connaît une accélération de son histoire, le 8 juin 2009 avec la disparition de celui qui en avait exercé la magistrature suprême 42 ans durant : S.E. Président Omar Bongo ONDIMBA.

Le 9 juin la Cour constitutionnelle, saisie par le Gouvernement, constate la vacance définitive de la présidence de la République.

Le 10 juin, Rose Francine Rogombé, président du Sénat, prête serment comme président de la République pour une durée constitutionnelle de 45 jours qui sera prorogée de 45.

Le 30 août, les électeurs se rendent aux urnes.
Dès l’annonce des résultats (Ali Bongo, fils du président défunt : 41,73 % ; André Mba Obame : 25,88% et Pierre Mamboundou : 25,22 %.), les perdants contestent la victoire d’Ali Bongo.

Des troubles se produisent dans certains quartiers périphériques de la capitale. Mais c’est à Port-Gentil que les émeutes prennent un tour insurrectionnel pendant plus d’une semaine.
Au terme du contentieux électoral, la Cour Constitutionnelle confirme l’élection d’Ali Bongo Ondimba avec 41,79% des voix avant qu’il ne prête serment le 16 et nomme le même jour un Premier ministre qui constituera son gouvernement le 17.

Le Gabon a entamé depuis une nouvelle phase de son histoire faite en même temps de rupture et de continuité.

2. Sur le plan économique et social

Colonie parmi les moins développées d’Afrique, le Gabon amorce dès la fin des années 1960 une évolution économique social particulière grâce a l’exploitation des ses richesses naturelles (bois, manganèse, uranium et, surtout, pétrole).

L’État investisseur se lance dès les années 1970 dans de nombreux projets d’infrastructures (ports en eau profondes, aéroports, chemin de fer…) qui n’existaient pas jusqu’alors.

Une ambitieuse politique de formation basée sur la prise en charge des études par le biais des bourses payées par l’État crée de toutes pièces une élite quasi-inexistante au moment de l’indépendance (le premier docteur gabonais sort de l’université en 1962).

A la suite de la première université créée en 1971 à Libreville, deux autres voient le jour, le nombre d’établissements scolaires et sanitaires connait une progression remarquable.

Tous ces investissements conduisent certains à qualifier le Gabon d’ « émirat tropical ». Mais, à la suite du contre-choc pétrolier et du fait d’une gestion approximative des ressources de l’État, marquée par l’appropriation privée du bien public, le « modèle » s’effrite à partir des années 1980, enfonçant le pays dans une crise multiforme dont il tente de sortir aujourd’hui.

Guy Rossatanga-Rignault
Professeur à la Faculté de Droit et Sciences Économiques de l’Université de Libreville-UOB

  • 16/08/2010

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